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La capacité d’absorption

Les travaux portant sur l’innovation et la capacité qu’ont les entreprises à détecter et à s’approprier les opportunités externes ont beaucoup cité les travaux de W.M. Cohen et D.A. Levinthal, notamment ‘Absorptive Capacity : A New Perspective on Learning and Innovation’.

Dans cette article, les auteurs postulent la criticité de l’activité de détection et d’évaluation de l’information externe, ainsi que de son assimilation et de sa réutilisation. Cette capacité d’absorption dépend du niveau antérieur de connaissances acquises par l’entreprise et de l’environnement dans lequel elle évolue. Ils distinguent la capacité d’absorption des individus de celle de l’organisation, et postulent la dépendance de l’innovation de cette dernière à son histoire (notion de path-dependency).

La capacité d’absorption

L’innovation est plus souvent le fait de l’extérieur que de l’invention interne. Par ailleurs, une grande partie des innovations consistent souvent en une recomposition de savoirs déjà existants. Cette capacité d’absorption est la résultante de trois facteurs :

  1. Les entreprises qui conduisent leur propre R&D ont plus de facilités à utiliser l’information externe disponible.
  2. La capacité d’absorption émerge de la conduite des opérations courantes : les entreprises directement impliquées dans la production de leurs biens et services sont plus aptes à reconnaître les opportunités qui se présentent à elles.
  3. La capacité d’absorption augmente quand des collaborateurs sont envoyés en formation technique.

Les structures cognitives au niveau des individus

W.M. Cohen et D.A. Levinthal soulignent l’importance de la connaissance préalable dans la formation de nouveaux savoirs (“The organization needs prior related knowledge to assimilate and use new knowledge“). De plus, il peut dans certaines conditions y avoir une amélioration mutuelle de l’apprentissage dans des domaines similaires (la notion d’apprendre à apprendre), bien que cela puisse être assimilé à de l’acquisition de connaissance antérieure (non technique mais structurel ou conceptuel).

Les auteurs assimilent le fonctionnement des activités d’acquisition de savoirs existants et de résolution de problèmes dans la mesure ou il s’agit dans les deux cas de recombiner des savoirs existants (dans le deuxième cas, de mettre en place des analogies et des méthodes). La capacité d’absorption dont on parle est finalement très proche de la capacité à créer.

Par ailleurs, le développement de la capacité d’absorption requiert une exposition importante aux connaissances préalables, une fourniture importante d’efforts, un apprentissage des méthodes de résolution des problèmes et enfin, que l’ensemble soit continu (qu’il n’y ai pas d’arrêt) dans le temps. L’apprentissage étant cumulatif et sa performance plus importante dans les champs à proximité, la diversité des approches et des connaissances des groupes de travail est fondamentale : elle permet notamment d’augmenter la probabilité de capter l’innovation par nature très versatile dans des contextes fortement mouvants d’une part, et d’autre part de permettre aux individus de formuler de nouvelles idées.

La capacité d’absorption de l’organisation

La capacité d’absorption individuelle des membres est bien sur fondamentale pour l’organisation, bien qu’elle n’explique pas tout. Si l’on considère les deux aspects de l’absorption (acquisition et assimilation d’une part, et exploitation de l’autre) et que l’on suppose qu’elle ne peut pas être réalisée par des individus isolés (du fait par exemple du temps requis pour concevoir et fabriquer des produits), le transfert du savoir (la communication) devient un élément fondamental. Comment s’organise alors cette communication entre l’extérieur et l’intérieur, et la communication purement interne ?

Les auteurs postulent que certains individus tiennent un rôle de “gatekeeper” (gardien ou portier), c’est-à-dire captent l’information externe et la traduisent pour qu’elle soit audible par les autres membres. Plus l’information est complexe ou différente du champ de connaissance de l’organisation et plus le rôle du portier est important. Par ailleurs, la rapidité et le caractère aléatoire du changement technologique (surtout de son apparition) fragilise les structures hiérarchiques et centralisées de “gatekeepers” : en environnement instable et rapidement mouvant, il est plus efficace pour une organisation d’exposer un panel de spécialistes potentiellement récepteurs à l’environnement (“[...], it is best for the organization to expose a fairly broad range of prospective ‘receptors’ to the environment”).

De fait, la capacité d’absorption du “gatekeeper” n’est pas suffisante : elle est dépendante de sa capacité à transformer et à réinjecter l’information. Une incompatibilité peut alors exister entre la capacité de ce rôle à capter les informations nouvelles provenant de l’environnement (qui peuvent être formulées dans un langage différent du sien et/ou de ceux des autre membres de l’organisation) et sa capacité à les communiquer. Comme souvent, il s’agira de trouver l’équilibre adéquat. En conséquence, une bonne capacité d’absorption suppose que des individus avec des compétences et des horizons différents se connaissent suffisamment pour être capables de communiquer entre eux, mais soient suffisamment différents pour s’apporter mutuellement. Le lien fonctionnel est très important, de même qu’un certain degré de redondance de l’expertise.

Dépendance historique et capacité d’absorption

W.M. Cohen et D.A. Levinthal parlent ici d’une dépendance de l’entreprise à son histoire préalable, dépendance qui s’applique également à l’accumulation de la connaissance. La capacité d’absorption est réputé avoir deux conséquences :

  1. Elle permet l’accumulation de savoirs nouveaux (“accumulating absorptive capacity in one period will permit its more efficient accumulation in the next“).
  2. Elle permet d’évaluer l’opportunité d’intégrer des savoirs externes (“possession of related expertise will permit the firm to better understand and therefore evaluate the import of intermediate technological advances [...]“)

Une absence d’investissement dans la capacité d’absorption peut avoir comme conséquence de ne plus pouvoir créer de savoirs nouveaux ou de détecter les signaux externes. Le risque est ici l’inertie comportementale induite par la réduction du champ des possibles d’une part, et l’application du “Not Invented Here syndrom” (Syndrome du “Non-inventé ici”), c’est-à-dire la résistance naturelle d’une organisation face à des éléments externes à elle (notion que les auteurs reprennent à R.R. Nelson et S. Winter, ‘An Evolutionnary Theory of Economic Change’).

Un rattachement est opéré entre la notion de capacité d’absorption et le niveau d’aspiration d’une organisation décrit par J.G. March et H.A. Simon dans leur modèle comportemental d’analyse des organisations. La proposition est que le niveau d’aspiration d’une entreprise n’est pas uniquement lié à ses performances passées ou aux concurrents, mais a aussi à voir avec sa capacité d’absorption : une entreprise avec un fort niveau d’aspiration (à entreprendre ou à se réaliser) conduit plus d’activités innovantes et est donc à l’affût de nouvelles opportunités, ce qui aiguise sa capacité d’absorption et donc créé un cercle qui se renforce. A l’inverse, un faible niveau d’aspiration conduit à une faible capacité d’absorption et donc potentiellement à la destruction de l’entreprise en cas de changement trop radical de la structure de marché.

Capacité d’absorption et investissement en R&D

La fin de la contribution présente deux modèles cherchant à expliquer le lien entre la capacité d’absorption d’une entreprise et deux objets : les dépenses de R&D d’une part et la source du savoir technique de l’entreprise d’autre part. Les définitions des différentes notions sont reprises de l’économie industrielle classique. L’intensité de la R&D est définie par trois dimensions :

  1. La demande (“Demand“) : quels sont les effets possibles de l’innovation sur la demande (via une baisse des coûts et prix, ou la couverture de nouveaux besoins) ?
  2. L’appropriabilité (“Appropriability“) : dans quelle mesure les bénéfices de l’innovation peuvent-ils être durablement exploités par l’entreprise ?
  3. Les opportunités technologiques (“Technological opportunity“) : quelle est la quantité de savoir hors-industrie disponible et utilisable en complément de ce qui est déjà connu (dans les laboratoires de recherche ou les instances gouvernementales par exemple), et quels sont les potentiels économiques de ces connaissances ?

Ce modèle postule que :

  1. La capacité d’absorption d’une entreprise a une incidence directe sur les dépenses de R&D (au plus elle est développée, i.e. au plus le savoir préalable a été accumulé et la communication est facilitée, et moins les dépenses de R&D seront importantes), et influence indirectement ces dépenses : en permettant d’évaluer et de saisir les opportunités technologiques, elle augmente les coûts de la R&D (puisqu’il ne coûte rien de ne pas exploiter ce que l’on ne voit pas).
  2. L’appropriabilité d’une innovation est influencée par le jeu d’interdépendance entre les concurrents : plus cette interdépendance est forte (i.e. plus la conséquence d’une innovation est ressentie par les concurrents) et moins l’appropriabilité est grande. Elle va en outre directement déterminer si des efforts de R&D seront effectués : si l’innovation créé un bénéfice (i.e. est appropriable), les investissements seront faits, et inversement.

Par ailleurs, la capacité d’absorption est supposée permettre de découvrir les retombées des connaissances développées par les concurrents, ainsi que le savoir extra-industrie : elle favoriserait donc le développement du savoir technique de l’entreprise. Il a été postulé par ailleurs que ce savoir ainsi que la capacité d’absorption en elle-même sont favorisés par les activités de R&D internes.

Ces différents postulats sont ensuite testés par des tests de régression sur des données issues de différentes études faites sur différents secteurs, et permettant de caractériser ces variables.

Contribution

Cohen, W.M & D.A. Levinthal, (1990), ‘Absorptive Capacity : A New Perspective on Learning and Innovation’, Administrative Science Quaterly, 35(1), pp 128 – 152.

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Les pièges classiques de l’innovation

L’attirail théorique disponible sur la problématique de l’innovation semble suggérer qu’il existe un certain nombre de pratiques qui permettent de faire aboutir les projets d’innovation de manière plus efficace que d’autres.

R.M. Kanter a synthétisé il y a quelques années les leçons que l’on pouvait retenir des nombreux échecs de projets d’innovation. Ces retours d’expérience peuvent être regroupés autour de quatre dimensions :

  1. La dimension procédurale.
  2. La dimension structurelle.
  3. La dimension compétences.
  4. La dimension stratégique.

La dimension stratégique

L’auteur insiste sur le fait que les projets d’innovations doivent se répartir de manière équilibrée entre de gros projets structurants (“blockbusters“), des projets d’importance moyenne et des projets d’innovation incrémentale. C’est de l’équilibre de ce portefeuille d’innovation que dépendront les performances futures de l’entreprise. L’innovation ne doit pas être uniquement focalisée sur les produits : il existe des champs d’investigation du côté de la distribution, du marketing ou du processus de production.

La dimension procédurale

R.M. Kanter insiste sur l’importance d’implémenter des procédures spécifiques de gestion de l’innovation. Cette dernière ne s’accommode que  très mal de standards manageriaux comme la budgétisation ou le calcul de ROI. L’entreprise doit en outre valoriser dans une certaine mesure la déviation par rapport à la norme ou à ce qui est standard. En sanctionnant ces déviations et en ne valorisant exclusivement les actions qui rentrent dans le cadre, l’entreprise brise l’ensemble de sa capacité d’innovation.

La dimension structurelle

Cette dimension fait l’objet d’une attention particulière (voir à ce sujet C.A. O’Reilly et M.L.Tushman, The Ambidextrous Organization). Il s’agit essentiellement de compenser la nécessité de faible contrôle de l’activité (et donc les problèmes associés, notamment d’émergence de cultures d’entreprise concurrentes) par un renforcement des liens à la fois interpersonnels et entre les entités porteuses de l’innovation et celles porteuses du business. L’innovation étant potentiellement un danger pour le business existant, elle doit être confortée dans sa capacité à assurer la survie de l’entreprise, sous peine de se voir phagocytée. Le management doit être très vigilant de ne pas faire apparaître deux catégories distinctes de collaborateurs : ceux qui “crament” des sous en s’amusant à innover, et ceux qui “triment” pour faire rentrer l’argent.

La dimension compétences

Reprenant le courant dominant de la pensée managériale nord-américaine, l’auteur insiste sur la nécessité de développer le leadership des personnes en charge de l’innovation, et notamment les qualités relationnelles et de communication (voir à ce sujet D.Goleman, L’intelligence émotionnelle ou P.F. Drucker, Managing Oneself). Cela s’explique essentiellement par la nécessité de fédérer des équipes autour de projets et d’obtenir des ressources (financières, informationnelles) possédées par d’autres entités de l’organisation, ou même externes à la société.

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Contribution

Kanter, R.M., (2006), Innovation : The Classic Traps, Harvard Business Review, Vol. 14, n°11, pp  73-83.

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La discipline de l’innovation

Il peut paraître assez surprenant (voire totalement incongru) de mettre en parallèle deux termes à priori aussi peu disposés à communiquer, à savoir innovation et discipline. Dans notre imaginaire, la discipline a beaucoup plus à voir avec la logique de processus normalisés inscrit dans une production de type industriel, alors que l’innovation serait le fait de la créativité, du hasard, de l’imprévu.

Pourtant un auteur l’a fait, et comme cet auteur s’appelle Peter F. Drucker, on est forcément amené à considérer le contenu du propos. Pour lui, l’innovation dans le business est plus souvent le fait d’une méthode que du hasard (ou de la saisie d’opportunités). Il postule que les entreprises qui réussissent le pari de l’innovation analysent méthodiquement sept champs d’opportunités (“areas of opportunity“) :

  1. Les applications non prévues des produits (“unexpected occurrences“).
  2. L’exploitation de paradoxes (“incongruities“).
  3. La réponse à un besoin procédural (“process needs“).
  4. Les changements de structure de l’industrie ou des marchés (“industry and market changes“).
  5. Les changements démographiques (“demographic changes“).
  6. Les changements de perception des individus (“changes in perception“).
  7. L’exploitation de nouveaux savoirs (“new knowledges“).

P.F. Drucker exprime ensuite sa vision de l’innovation et les caractéristiques qu’elle doit revêtir. Elle doit analyser ces sept champs d’opportunités en hiérarchisant leur importance pour les produits et les marchés de l’entreprise, elle doit prendre en compte son aspect social (l’innovateur doit écouter et comprendre le monde dans lequel il évolue), elle doit être simple et orientée vers la réponse à un besoin et commencer modestement. Et l’innovateur ne doit pas oublier qu’avant le génie, il y a le travail.

Contribution

Drucker, P.F., (2002), ‘The Discipline of Innovation’, Harvard Business Review, 4(4), pp 95-102.

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Conduire le changement

Le changement est désormais une donnée constante du monde des affaires tel qu’il se dessine aujourd’hui. Malheureusement, ce dernier est souvent très mal géré dans les entreprises et derrière les plus grandes intentions se déroulent les plus grandes désillusions.

J. Kotter est un des spécialistes de la gestion du changement. Dans l’une de ses plus grandes contributions, “Leading Change“, ce dernier postule que les leaders qui réussissent le pari du changement entreprennent systématiquement huit actions, dans l’ordre, en évitant les pièges associés à ces huit actions (“pitfalls“) :

  1. Mettre en place un sentiment d’urgence (“Establish a Sense of Urgency“).
  2. Fédérer un groupe soudé et ayant les moyens d’agir (“Forming a Powerful Guiding Coalition“).
  3. Créer une vision (“Creating a Vision“).
  4. Communiquer la vision (“Communicating the Vision“).
  5. Permettre aux collaborateurs d’agir en cohérence avec la vision développée (“Empowering Others to Act on the Vision“).
  6. Planifier et atteindre des succès partiels ou à court terme (“Planning for and Creating Short-Term Wins“).
  7. Pérenniser les changements et encourager encore plus de changements (“Consolidating Improvements and Producing Still More Change“).
  8. Institutionnaliser les nouvelles approches (“Institutionalizing New Approaches“).

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Ce schéma permet ainsi de comprendre la difficulté du processus de changement. Un échec sur l’une de ces huit dimensions peut remettre en cause l’intégralité des actions entreprises auparavant. C’est justement de la cohérence de cette enchaînement et de la pertinence de toutes les actions intermédiaires que naît la possibilité de succès du changement organisationnel.

Contribution

J.Kotter, (2007), Leading Change : Why Transformations Efforts Fail, Harvard Business Review, Vol 12., n°1.

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Gérer l’innovation de rupture

L’opposition entre les concepts d’innovation et de processus est récurrente dans les articles traitant de gestion. L’idée défendue est que l’entreprise fortement structurée par des processus (i.e. des routines organisationnelles effectuées par des individus)  aura des difficultés à mettre en oeuvre une démarche d’innovation efficace dans la mesure ou l’innovation est, par nature, non-routinière et imprévisible.

Si l’on considère d’une part que l’innovation (quelle que soit sa nature, c’est-à-dire produit, processuelle ou organisationnelle) a le pouvoir de détruire n’importe quel avantage concurrentiel et qu’une entreprise doit innover pour survivre, et d’autre part que les banquiers et les actionnaires n’aiment pas l’incertitude des projets innovants (et que l’être humain peut parfois être très difficile à convaincre du bien fondé du changement), nous avons là un casse-tête assez conséquent pour le manager/dirigeant pris dans cette tension.

Parmi les contributions les plus célèbres sur le sujet figure celle de C.M. Christensen et M. Overdorf parue dans la Harvard Business Review en 2000 et intitulée Meeting the Challenge of Disruptive Change. Dans cet article présenté par l’institution comme l’une des 10 contributions qu’il faudrait retenir d’elle (si l’on devait oublier toutes les autres), les auteurs cherchent à analyser les raisons expliquant la difficultés des firmes en place à innover. Le constat est sans appel et pourrait se résumer ainsi : “The ability of established organizations to deal with disruptive change isn’t good”.

Les auteurs proposent d’analyser les facteurs qui affectent ce que l’entreprise peut et ne peut pas faire (“where capabilities reside”). Ils en distinguent 3 : les ressources, les processus et les valeurs. Les définitions qu’ils en donnent sont les suivantes :

Ressources : les ressources tangibles (ressources humaines, équipements, technologies, ressources financières) et les ressources intangibles (l’information, les marques, les relations clients-fournisseurs).

Processus : “les schémas d’interaction, de coordination, de communication et de prise de décision que les collaborateurs utilisent pour transformer les ressources en produits et services de valeur supérieure”.

Valeurs : “les références utilisées par les collaborateurs pour établir des priorités et porter des appréciations (sur la valeur d’un client, d’une idée, etc.)”.

Les auteurs précisent que l’innovation n’est quasiment jamais un problème de ressources mais toujours un problème lié aux processus ou au valeurs (qui ne la laissent pas émerger). Parmi ses “valeurs”, ils distinguent les impératifs de résultat net (“gross margin”) et de chiffre d’affaires potentiel (“how big a business opportunity has to be before it can be interesting”). Si une innovation ne rencontre pas les impératifs de ces deux critères (marge suffisante et potentiel de CA), l’organisation va empêcher l’innovation d’émerger. Les dirigeants ont alors 3 solutions :

  1. Changer la structure organisationnelle (avec tous les risques que cela comporte).
  2. Créer une structure indépendante (sur le plan de la gestion) de l’entité mère.
  3. Acquérir une entreprise qui présente les traits organisationnels favorables à l’innovation en cours de développement, et dans laquelle l’entité mère va injecter des ressources sans chercher à l’intégrer (au risque de détruire les processus et les valeurs nécessaires au succès de l’innovation).

Les auteurs proposent enfin une matrice explicitant la décision appropriée en fonction de deux critères : la compatibilité de l’innovation développée avec les processus de l’entreprise et la compatibilité avec les valeurs de l’entreprise. La question sera principalement de savoir si une équipe fonctionnelle peut gérer le projet ou s’il est nécessaire de mettre en place une structure plus étoffée (avec des dirigeants, des fonctions support, etc.), et s’il est nécessaire de créer une spin-off ou si le projet peut se dérouler dans l’organisation actuelle.

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Contribution

C.M. Christensen & M. Overdorf, (2000), ‘Meeting the Challenge of Disruptive Change’, Harvard Business Review, 78(2), pp 66-76.

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