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	<title>JeremyM &#187; Stratégie Océan Bleu</title>
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	<description>Stratégie, Organisation, Ressources Humaines, SI</description>
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		<title>Quand W.C. Kim et R. Mauborgne partent en vrille &#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 16:37:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy</dc:creator>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[Kim & Mauborgne]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie Océan Bleu]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est évident que l'on ne peut pas être bon tout le temps. Cela dit, les auteurs de La stratégie Océan Bleu nous avaient habitué à bien mieux que leur dernière contribution dans la HBR de Septembre 2009. En bref, ils proposent dans la lignée de leur livre de changer la manière de concevoir la stratégie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il est évident que l&#8217;on ne peut pas être bon tout le temps. Cela dit, les auteurs de <em>La stratégie Océan Bleu</em> nous avaient habitué à bien mieux que leur contribution dans la HBR de Septembre 2009. En bref, ils proposent dans la lignée de leur livre de changer la manière de concevoir la stratégie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;approche classique (voir par exemple <a href="http://www.jeremym.fr/blog/2009/10/quest-ce-que-la-strategie/">M.E. Porter, What is Strategy ?</a>), l&#8217;entreprise conçoit sa stratégie en réaction à l&#8217;environnement. Cependant pour W.C. Kim et R. Mauborgne, il existe un certain nombre de cas ou l&#8217;entreprise a la possibilité de renverser la structure du ou des marché(s) sur le(s)quel(s) elle intervient. La première approche est qualifiée de structuraliste, la deuxième de reconstructionniste.</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs analysent dans leur contribution les cas particuliers ou l&#8217;entreprise a la possibilité de restructurer son secteur, pour ensuite développer leur vision de l&#8217;alignement stratégique dans le cas d&#8217;une stratégie de reconstruction.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne stratégie dépend pour eux de trois facteurs d&#8217;une originalité déconcertante :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>Les conditions structurelles de l&#8217;environnement dans lequel l&#8217;entreprise évolue (&#8220;<em>structural conditions in which an organization operates</em>&#8220;).</li>
<li>Ses ressources et capacités (&#8220;<em>resources and capabilities</em>&#8220;).</li>
<li style="text-align: justify;">Sa vision stratégique (&#8220;<em>strategic mind-set</em>&#8220;).</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">A partir de là, l&#8217;entreprise se positionne dans une logique plutôt structuraliste ou reconstructionniste. Le critère de choix rappelle pour beaucoup Sun Tzu : si tu es fort, tapes, si tu es faible, fuis et reforme-toi. Il semblerait vraiment qu&#8217;il n&#8217;y ait rien de neuf sous le soleil de la stratégie, M.E. Porter pour sa part citait  déjà Aristote. Alors, l&#8217;entreprise doit aligner trois propositions :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>Sa proposition de valeur de nature à attirer les clients (&#8220;<em>a value proposition that attracts buyers</em>&#8220;).</li>
<li>Une proposition de rentabilité qui permet à l&#8217;entreprise de dégager des bénéfices de sa proposition de valeur (&#8220;<em>a profit proposition that enables the company to make money out of the value proposition</em>&#8220;).</li>
<li>Un projet d&#8217;entreprise de nature à motiver les collaborateurs et partenaires de l&#8217;entreprise (&#8220;<em>a people proposition that motivates those working for or with the company</em>&#8220;).</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">W.C. Kim et R. Mauborgne définissent alors la stratégie comme suit : &#8220;<em>The development and alignment of the three propositions to either exploit or reconstruct the industrial and economic environment in which an organization operates</em>&#8221; (Le développement et l&#8217;alignement des trois propositions précédentes pour exploiter ou reconstruire l&#8217;environnement économique et industriel dans lequel l&#8217;organisation évolue). Ils précisent par ailleurs, comme souvent dans la pensée managériale américaine, le rôle prépondérant du leadership managérial dans le processus d&#8217;alignement.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce stade la, seulement quelques arguments sont éventuellement discutables. Par exemple, les auteurs affirment qu&#8217;une stratégie inscrite dans une approche structuraliste peut très difficilement poursuivre un objectif de différentiation et de &#8220;<em>low cost</em>&#8220;, chose à priori possible pour eux dans une approche reconstructionniste. L&#8217;ambiguïté demeure sur ce terme de &#8220;<em>low cost</em>&#8221; : doit-on entendre la recherche de l&#8217;excellence opérationnelle qui permet à l&#8217;entreprise de réduire ses coûts à prix constant et d&#8217;augmenter ses marges, ou une politique de prix bas visant à prendre des parts de marché ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les deux cas cependant, la proposition de W.C. Kim et R. Mauborgne semble bancale : dans une approche reconstructionniste, si une entreprise cherche la différentiation sur un marché, c&#8217;est bien dans l&#8217;objectif d&#8217;y être seule et de ne pas être obligée de livrer une guerre des prix. Rien n&#8217;empêche par ailleurs une entreprise ayant des coûts bas de ne pas baisser ses prix : la stratégie de fixation des prix du type &#8220;coût + marge&#8221; n&#8217;est pas la seule possible (et est même beaucoup moins productive en général que la stratégie de fixation des prix centrée sur l&#8217;analyse de la création de valeur pour le client). Inversement dans l&#8217;approche structuraliste, une entreprise peut délibérément rechercher et la différenciation, et les coûts bas. Par ailleurs et de manière générale, aucun secteur n&#8217;a intérêt à des stratégies de guerre des prix. A ce niveau, l&#8217;idée de W.C. Kim et R. Mauborgne selon laquelle l&#8217;alignement stratégique recherche la différenciation et le &#8220;<em>low cost</em>&#8221; seulement dans l&#8217;approche reconstructionniste paraît trop discutable.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis viennent les exemples. Et c&#8217;est à partir de maintenant que les choses se gâtent sérieusement. W.C. Kim et R. Mauborgne citent la stratégie de développement de Dubaï sur les 30 dernières années. J&#8217;en suis désolé, mais on ne peut pas sérieusement considérer qu&#8217;un Etat puisse être assimilable de quelque manière que ce soit à une entreprise privée : les buts, les moyens et les fonctionnements des deux &#8220;structures&#8221; ne sont en aucun point comparables. Un Etat a une capacité d&#8217;endettement potentiellement illimitée, il se confond souvent avec une nation, il administre des personnes (de plusieurs dizaines de milliers à un milliard) qui peuvent ne pas avoir le choix de partir (que l&#8217;on m&#8217;indique la procédure à suivre pour démissionner d&#8217;un Etat), et un Etat a de manière générale beaucoup plus de pouvoirs qu&#8217;une entreprise, surtout une PME.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, les auteurs parlent de Dubaï dans toute sa splendeur, jusqu&#8217;à citer l&#8217;exemple de de la station de ski indoor en plein désert ou du projet de Nakheel de construire une tour de 1km de haut (projets aussi pertinents en eux-mêmes que de transformer des déserts en puissances agricoles exportatrices ou des techniciens d&#8217;entreprises publiques de télécommunications en technico-commerciaux d&#8217;entreprises privées). La proposition de valeur de Dubaï : un paradis fiscal. La manière dont Dubaï récupère l&#8217;argent : partiellement via la location d&#8217;infrastructures. Le projet de société : &#8220;<em>a generous social security system</em>&#8221; &#8230; Même pour les Indiens et les Pakistanais qui travaillent 12h par jour sur les chantiers, révocables du jour au lendemain ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quel impact alors de la stratégie Dubaïote sur la stratégie disons de l&#8217;État Français, en supposant que ce dernier cherche le bonheur de ces citoyens via une politique fiscale équitable, des mécanismes de redistribution et une sécurité sociale universelle ? Exactement la même que celle du hard-discounteur sur un marché : guerre des prix, abaissement des marges et de la qualité, baisse du service, et finalement faillite généralisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième exemple cité compare Napster à Itunes &#8230; Sans vouloir être méchant, je n&#8217;ai pas le souvenir que Napster se soit positionné à un quelconque moment comme un vendeur en ligne de contenus numériques. Je garde plutôt le souvenir du précurseur de The Pirate Bay.</p>
<p style="text-align: justify;">La messe est donc dite. Pour révolutionner votre secteur, faites comme Dubaï. D&#8217;ailleurs, il semblerait qu&#8217;aujourd&#8217;hui (les auteurs le mentionnent à peine), Dubaï soit (juste) au bord de la faillite. Une bien belle stratégie que la stratégie Océan Bleu donc&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Contribution</strong></p>
<p style="text-align: justify;">W.C. Kim &amp; R. Mauborgne, (2009) , &#8216;How strategy shapes structure ?&#8217;, <em>Harvard Business Review</em>.</p>
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