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	<title>JeremyM &#187; Stratégie</title>
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	<description>Stratégie, Organisation, Ressources Humaines, SI</description>
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		<title>Qu&#8217;est-ce que la stratégie ?</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Oct 2010 18:05:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy</dc:creator>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>

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		<description><![CDATA[La stratégie est certainement l&#8217;une des notions les plus mythifiées dans un contexte d&#8217;entreprise. Une des raisons est que nul ne peut clairement et pleinement définir ce qu&#8217;il entend par stratégie, et que ce concept dépasse intrinsèquement et dans les faits toute tentative de formalisation complète. Cependant, le dirigeant d&#8217;entreprise a besoin d&#8217;une réponse. &#8220;What [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La stratégie est certainement l&#8217;une des notions les plus mythifiées dans un contexte d&#8217;entreprise. Une des raisons est que nul ne peut clairement et pleinement définir ce qu&#8217;il entend par stratégie, et que ce concept dépasse intrinsèquement et dans les faits toute tentative de formalisation complète. Cependant, le dirigeant d&#8217;entreprise a besoin d&#8217;une réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;<em>What is strategy ?</em>&#8221; est le titre d&#8217;un article fondamental de M.E. Porter. Ce dernier peut être considéré comme le fondateur de l&#8217;un des écoles les plus influentes de la stratégie d&#8217;entreprise, l&#8217;école du positionnement. Pour cette dernière, le point d&#8217;entrée de la stratégie est la manière dont l&#8217;entreprise va positionner sa proposition de valeurs sur un marché et va organiser ses différentes activités entre elles.</p>
<p style="text-align: justify;">M.E. Porter introduit la stratégie comme n&#8217;étant pas uniquement la recherche de l&#8217;efficacité opérationnelle. Cette dernière, bien qu&#8217;importante, présente seule deux insuffisances : les &#8220;<em>best practices</em>&#8221; (meilleures pratiques) connaissent aujourd&#8217;hui une diffusion rapide, et elles ont tendance à uniformiser les entreprises. De fait, la course aux &#8220;<em>best practices</em>&#8221; observée dans certains secteurs détruit plus souvent les positions concurrentielles que ce qu&#8217;elle ne les renforce, ce qui est contraire aux objectifs de la démarche stratégique. De plus, l&#8217;auteur postule l&#8217;existence d&#8217;une limite à cette démarche (&#8220;<em>productivity frontier&#8221;</em>), certes mouvante (du fait des technologies), qui conduit les entreprises à un affrontement stérile pénalisant les prix, les marges, et augmentant la pression sur les coûts, ce qui est contraire à tous les intérêts du secteur d&#8217;activité.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;<em>A company can outperform rivals only if it can establish a difference that it can preserve.</em>&#8221; (Une société ne peut surpasser ses concurrents que si elle peut mettre en place une différence et la préserver).</p>
<p style="text-align: justify;">Tout l&#8217;enjeu est donc là pour M.E. Porter : &#8220;<em>Competitive strategy is about being different</em>&#8221; (La stratégie concurrentielle consiste à se différencier). L&#8217;auteur insiste lourdement sur la notion de compromis (&#8220;<em>trade-offs</em>&#8220;), expliquant que la stratégie consiste autant à choisir les activités à effectuer qu&#8217;à choisir celles que l&#8217;entreprise n&#8217;effectuera pas. Les différentes activités de l&#8217;entreprise doivent être cohérentes entre elles (notion d&#8217;alignement stratégique ou de &#8220;<em>fit</em>&#8220;) et ne doivent pas interférer. L&#8217;exemple le plus cité est celui des marques de prestige qui ne peuvent se permettre de lancer des produits discount sans prendre le risque de détériorer leur image.</p>
<p>L&#8217;auteur distingue alors trois approches dans le positionnement :</p>
<ol>
<li style="text-align: justify;">Répondre à un nombre restreint de besoins d&#8217;un grand nombre de clients (&#8220;<em>variety-based positioning</em>&#8220;).</li>
<li style="text-align: justify;">Répondre à un très grand nombre de besoins d&#8217;un groupe particulier de clients (&#8220;<em>needs-based positioning</em>&#8220;).</li>
<li style="text-align: justify;">Répondre aux besoins des clients qui ne sont accessibles que d&#8217;une seule manière du fait d&#8217;une segmentation géographique, culturelle, etc. (&#8220;<em>access-based positioning</em>&#8220;)</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Concernant les compromis, l&#8217;auteur distingue trois raisons qui les rendent inévitables :</p>
<ol>
<li style="text-align: justify;">Une marque connue pour son positionnement qualitatif (low-cost / meilleur rapport qualité-prix / haut de gamme) ne pourra pas accéder à un autre positionnement sans brouiller son message (i.e. détériorer son image ou ne pas apparaître comme crédible). Cela implique parfois la nécessité d&#8217;une politique de marques (plusieurs marques associées à plusieurs positionnement).</li>
<li style="text-align: justify;">Les compromis sont nécessaires du fait d&#8217;activités elles-même incompatibles. L&#8217;auteur cite l&#8217;exemple d&#8217;Ikea qui a configuré sa chaîne de valeur pour délivrer rapidement un produit à bas coûts (notamment en faisant assembler le meuble par le client) : Ikea est alors incapable de répondre aux besoins de clients requérant un niveau plus élevé de services (c&#8217;est-à-dire ceux qui ne souhaitent pas assembler leur meuble et son prêts à payer plus cher).</li>
<li style="text-align: justify;">Les compromis sont le résultat des limites de la coordination interne et du contrôle. Une entreprise exprimant clairement ce qu&#8217;elle fait et ce qu&#8217;elle ne fait pas aura plus de faciliter à effectuer ses activités (communication plus efficace, focalisation, etc.).</li>
</ol>
<p>&#8220;<em>Strategy is making trade-offs in competing. The essence of strategy is choosing what <strong>not</strong> to do&#8221; </em>(La stratégie consiste à effectuer des compromis dans le jeu concurrentiel. L&#8217;essence de la stratégie est de choisir ce que l&#8217;on ne fera pas).</p>
<p style="text-align: justify;">M.E. Porter explicite ensuite l&#8217;intérêt et les types d&#8217;alignement stratégiques. L&#8217;idée essentielle est que la stratégie réside plus dans le fait de combiner des activités entre elles que de les choisir : les entreprises concurrentes auront beaucoup de mal à reproduire l&#8217;avantage concurrentiel induit, premièrement parce que les liens peuvent ne pas être visibles par les concurrents, et deuxièmement parce que l&#8217;ensemble de la chaîne doit être reproduite pour disposer de l&#8217;avantage concurrentiel (ce qui induit souvent un coût démesuré). L&#8217;auteur distingue alors trois degré dans l&#8217;alignement stratégique :</p>
<ol>
<li style="text-align: justify;">L&#8217;alignement de toutes les activités autour d&#8217;une vision stratégique (&#8220;<em>simple consistency</em>&#8220;, l&#8217;exemple étant une entreprise low-cost qui articulerait toutes ses activités dans une optique du prix le plus bas).</li>
<li style="text-align: justify;">L&#8217;alignement qui permet aux activités de se renforcer les unes les autres (&#8220;<em>activities reinforcement</em>&#8221; : par exemple, la division commerciale CHR (Café &#8211; Hotels &#8211; Restaurant) qui vend les produits de l&#8217;entreprise à des professionnels qui eux-mêmes les font découvrir à leur client, incitant ces derniers à les acheter en GMS (Grande &amp; Moyenne Surface), facilitant de fait le travail de la division commerciale GMS).</li>
<li style="text-align: justify;">Enfin, l&#8217;alignement qui va au delà du renforcement d&#8217;autres activités (&#8220;<em>Optimization of effort</em>&#8221; : par exemple, la qualité de l&#8217;association entre le bureau d&#8217;études, la chaîne de production et le contrôle qualité réduit les retours clients à quasiment zéro. Les coûts de fonctionnement du Service Après Vente (SAV) sont dérisoires.).</li>
</ol>
<p>M.E. Porter propose de représenter les liens entre les différents constituants de la stratégie dans une cartographie du système d&#8217;activité : l&#8217;exemple de Ikea</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-194" title="WhatIsStrategy_01" src="http://www.jeremym.fr/blog/wp-content/uploads/2009/10/WhatIsStrategy_01.jpg" alt="WhatIsStrategy_01" width="616" height="490" /></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteur nous montre ensuite en paraphrasant Aristote qu&#8217;il n&#8217;y a peut-être pas grand chose de neuf sous le soleil (&#8220;<em>The whole matters more than any individual part</em>&#8221; : Le tout est plus important que chaque partie prise individuellement, alors qu&#8217;Aristote nous apprend que le tout est plus que la somme des parties). Il est intéressant de noter que M.E. Porter égratigne la matrice SWOT dans cette contribution : &#8220;<em>Thus in competitive companies it can be misleading to explain success by specifying individual strengths, core competencies, or critical resources</em>&#8221; (Donc le fait d&#8217;expliquer le succès par l&#8217;analyse des forces individuelles, des compétences métiers propres ou des ressources critiques peut être source d&#8217;erreur).</p>
<p style="text-align: justify;">De manière générale, une entreprise disposant d&#8217;un alignement stratégique de second ou troisième ordre entre ses activités disposera d&#8217;un avantage concurrentiel durable. La démarche stratégique implique donc de dessiner une architecture organisationnelle spécifique : &#8220;<em>Seeing strategy in terms of activity systems only makes it clearer why organizational structure, systems, and processes need to be strategy specific</em>&#8221; (Concevoir la stratégie comme un système d&#8217;activité et le seul moyen de comprendre pourquoi la structure organisationnelle, les systèmes et les processus doivent être spécifiquement construits).</p>
<p style="text-align: justify;">M.E. Porter conclut alors sur les raisons qui font que le processus stratégique est inefficient ou omis dans beaucoup (trop ?) d&#8217;entreprises :</p>
<ol>
<li style="text-align: justify;">L&#8217;échec du choix (&#8220;<em>The failure to choose</em>&#8221; : les managers sont entièrement absorbés par l&#8217;efficacité opérationnelle et n&#8217;ont pas la possibilité de consacrer du temps à la stratégie).</li>
<li style="text-align: justify;">Le piège de la croissance (&#8220;<em>The growth trap</em>&#8221; : le compromis crée l&#8217;illusion de contraindre la croissance car des besoins ou des clients sont délibérément repoussés.).</li>
<li style="text-align: justify;">L&#8217;absence de discipline dans les diversifications.</li>
<li style="text-align: justify;">Le rôle parfois défaillant du management.</li>
</ol>
<p>Il indique également les questions à se poser pour se reconnecter avec la stratégie (&#8220;<em>Reconnecting with strategy</em>&#8220;) :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><em>Which of our product of service varieties are the most distinctive ? </em>(Quels sont les produits ou services les plus différenciés par rapport à la concurrence ?)</li>
<li style="text-align: justify;"><em>Which of our product or service varieties are te most profitable ? </em>(Quels sont les produits ou services les plus rentables ?)</li>
<li style="text-align: justify;"><em>Which of our customers are the most satisfied ? </em>(Quels sont les clients les plus satisfaits ?)</li>
<li style="text-align: justify;"><em>Which customers, channels, or purchase occasions are the most profitable ? </em>(Quels clients, modes de distributions ou processus de ventes sont les plus rentables ?)</li>
<li style="text-align: justify;"><em>Which of the activities in our value chain are the most different and effective ? </em>(Quelles sont les activités de notre chaîne de valeur qui sont les plus différenciés et efficaces ?)</li>
</ul>
<p><strong>Contribution</strong></p>
<p><a href="http://www.jeremym.fr/blog/wp-content/uploads/2009/10/M.E.Porter_WhatisStrategy.pdf">M.E. Porter, Novembre-Décembre 1996, <em>What is Strategy ?</em>, Harvard Business Review, Vol. 1, n°6, pp 61-78</a>.</p>
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